Le Béal et la plaine de la Siagne

Arrêtons-nous quelques instants au bord de la Siagne, sur le site de l’Ecluse. Ce site constitue le point de départ d’un canal de dérivation de la Siagne appelé « béal », un terme fréquemment utilisé dans le midi pour désigner un canal. Peu impressionnant au premier abord, ce « béal » bouleversa pourtant l’histoire économique du secteur. A la fin du quinzième siècle, l’abbé de Lérins décide en effet d’établir ce canal de dérivation pour rendre fertiles les plaines riveraines de la Siagne, y introduire la culture du riz, actionner les moulins de l’Abadie à Cannes en aval et ainsi favoriser le repeuplement des territoires désertés suite aux crises de la fin du Moyen Âge. Au cours du seizième siècle, le territoire de Pégomas accueille donc de nouveaux habitants, essentiellement des ouvriers agricoles. Néanmoins, cette tentative de repeuplement connaît un succès limité. En effet, l'usage de l'eau du Béal, propriété exclusive de l'abbaye de Lérins, est soumis à un règlement strict. Quant aux environs marécageux de la Siagne, ils constituent une zone d’épidémies mortelles. Il faudra donc attendre le dix-neuvième siècle pour que ce territoire puisse durablement se développer. C'est en effet au cours de ce siècle qu'une crue permet à la Siagne de regagner son lit originel. Les terres deviennent ainsi propres à accueillir diverses cultures et l'environnement s'assainit. Le paysage actuel en témoigne. Alors que les deux rives accueillent une végétation luxuriante et verdoyante, roseaux et canards se disputent le lit de la rivière. En amont, perché sur sa colline, le village d’Auribeau-sur-Siagne semble, quant à lui, surveiller les eaux du petit fleuve qui s’écoule paisiblement.
Infos pratiques: 
Parking

Aire de pique-nique

Belle vue sur Auribeau-sur-Siagne